Rencontre "Penser la prison autrement !" - Jeudi 26 novembre - 19h
Rencontre avec Hélène Nogues-Brunet (Ingénieure en sciences du vivant) et Eric Doidy (Sociologue à l’INRAE) sur le thème "Que révèle la prison de la société qui l’organise ?" le Jeudi 26 novembre à 19h à la librairie Utopia


Le jeudi 26 novembre de 19:00 à 20:30 à la librairie Utopia
Penser la prison autrement !
avec Hélène Nogues-Brunet,
Ingénieure en sciences du vivant, spécialiste de redirection écologique.
et Eric Doidy,
Sociologue à l’INRAE, enquêteur au pénitencier de Parchman (USA).
Conception de la rencontre : Patrick Frémeaux,
Editeur d’écologie politique et de l’histoire des musiques populaires américaines.
Que révèle la prison de la société qui l’organise ?
Cette soirée réunit Éric Doidy et Hélène Nogues-Brunet autour de deux regards sur l’enfermement. Au pénitencier de Parchman, dans le Mississippi, Éric Doidy a rencontré des détenus pour qui la musique demeure une source de lien et d’espoir. Dans Surveiller, punir et réinsérer en Anthropocène, Hélène Nogues-Brunet interroge les effets de la crise climatique sur les prisons françaises. Comment protéger les personnes détenues et les personnels quand la chaleur et les autres risques climatiques aggravent leurs vulnérabilités ? Quelle place donner à la dignité et à la réinsertion dans l’exercice de la peine ? Une rencontre pour penser la prison à partir des vies qu’elle abrite et des défis qui l’attendent.
« En fait, la dérive d’une criminalité de sang à une criminalité de fraude fait partie de tout un mécanisme complexe, où figurent le développement de la production, l’augmentation des richesses, une valorisation juridique et morale plus intense des rapports de propriété, des méthodes de surveillance plus rigoureuses, un quadrillage plus serré de la population, des techniques mieux ajustées de repérage, de capture, d’information : le déplacement des pratiques illégalistes est corrélatif d’une extension et d’un affinement des pratiques punitives. »
(Surveiller et punir 1975 NRF Gallimard), Michel FOUCAULT
À l’heure des bouleversements socio-écosystémiques de l’Anthropocène, la prison apparaît comme un observatoire privilégié des tensions qui traversent nos sociétés. Longtemps pensée comme simple instrument de sanction, elle est, depuis Michel Foucault, comprise comme un dispositif politique où s’exercent surveillance, discipline et production de subjectivités. Mais que devient cet espace clos lorsque le réchauffement climatique fragilise ses infrastructures, exacerbe les vulnérabilités et redéfinit les conditions mêmes de la vie sous contrainte ? Hélène Nogues-Brunet interroge ce que la crise climatique fait à l’ensemble de la filière de l’enfermement. Comment les personnels de surveillance perçoivent-ils l’évolution de leur rôle, pris entre exigence sécuritaire, responsabilité humaine et nouvelles contraintes écologiques ? À la lumière de l’héritage éthique de Simone Veil et des analyses contemporaines du pouvoir carcéral, cet ouvrage montre que la qualité de l’enfermement demeure un révélateur majeur de la maturité démocratique. Penser la prison aujourd’hui, c’est penser l’autre dans son altérité, et la société tout entière dans ses marges, mais aussi préparer nos institutions aux défis du siècle climatique.
Patrick FRÉMEAUX
Ingénieure en sciences du vivant, Hélène Nogues-Brunet commence sa carrière dans la recherche appliquée en santé humaine. Engagée en tant qu’élue sur les enjeux de citoyenneté, et de transition écologique, elle développe une expertise croisant action publique et transformation systémique. Diplomée en 2025 d’un Master of Science en Strategy & Design for the Anthropocene, elle approfondit la pensée de Bruno Latour et se saisit du cadre conceptuel et méthodologique de la redirection écologique, analyse l’habitabilité de nos milieux, le devenir de nos infrastructures et l’ère de l’Anthropocène.
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